Le jardin de mon enfance

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Un article un peu différent pour commencer ce début d’année…Avec l’envie de vous faire partager ces petits quelques choses qui font du bien. De vivre si loin, pour quelques mois, voilà peut être pourquoi je me suis retrouvée à regarder ces photos. Celles de l’intervalle d’enfance qu’est le jardin de mes parents. Mon premier jardin. Ah, faire un jardin, quand on y connait rien, toute une histoire…Et je me suis souvenue. C’était une fin d’après-midi, il faisait beau, et mes jambes avait suivi les chemins de mes souvenirs.

Mon premier jardin

Le vieux puits, dans lequel je venais puiser l’eau, rien que pour le plaisir. Pour mes chiens, pour me rafraîchir le visage et les bras, pour arroser le massif juste à côté, le premier que j’ai créé. Une spirée, un céanothe, des véroniques, des bugles rampants, des asters…Quelques plantouilles achetées avec mes petits sous gardés précieusement. Ou des morceaux de végétaux que, parfois, je suppliais mes parents de m’offrir, de mes yeux larmoyants savamment travaillés…

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Quelques pas dans le jardin, enfin, le parc plutôt, avec sa taille peu compatible avec l’emploi du temps de mes parents…Un entretien gigantesque, des tailles encore à faire, des tontes toujours à renouveler, inlassablement, ces difficultés qui le rendent toujours un peu sauvage. Et l’émotion au bout des yeux, qui regardent le soleil jouer avec les feuillages. L’émotion au bout des doigts, qui caressent les écorces déjà maintes fois caressées, celles des chênes qui ont grandi en même temps que moi, parce que mon père voulait en faire une forêt. L’émotion au bout des mots, qui répondent au joli discours d’un oiseau, un rouge gorge, j’aime à me dire que c’est toujours le même depuis toutes ces années. Enfin l’émotion, partout, en fermant les yeux et en inspirant les odeurs du jardin qui se mêlent en un parfum extraordinaire.

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Faire un jardin : avec ce qu’on peut, avec ce qu’on a…

Quelques pas autour du kiosque, une idée que mon papa a bien voulu réaliser de ses mains de magicien. Les roses et les clématites, la mousse au sol, ce petit paradis qui a accueilli les bons moments, et d’autres moins bons. Se dire qu’ils font partie de la vie quand même. Faire le tour, rentrer dedans, voir que les clématites ne sont pas en si mauvaises compagnie. Arracher tout de même une ou deux mauvaises herbes; et noter dans sa tête qu’il faudra revenir, pour enlever les orties.

Quelques pas encore, au rythme du vent, au rythme du temps. Et ma main sur l’écorce, encore, de l’arbre que j’ai planté, plus de 15 ans auparavant. Un eucalyptus. J’ai toujours su qu’il y arriverait, malgré ce qu’on me disait. Le voir grandir, un mètre, 3 mètres,10 mètres, et en être fière. Se souvenir du froid de l’hiver 2012, entourer son tronc de mes bras, en fermant les yeux. Et il repousse, qui en doutait ? Je caresse du plat de la main les nouvelles tiges et ses feuilles bleutées…Puis je poursuis, longe un massif de sous bois que les géraniums vivaces ont colonisé. Je n’en avais planté qu’un ou deux, pourtant. Ou trois ? Je ne sais plus. Être surprise de la taille qu’a pris le buddleia ici, la spirée là bas…

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Mais quelques structures sont cassées, le rosier grimpant est couché. Il fleurit comme jamais, pourtant. Qu’il est beau, je le dis à voix haute, pour qu’il l’entende. Aller voir du côté des jardinières, pas une idée à moi. J’étais sceptique, couvant des fois ce jardin comme si c’était le mien. Mais faire un jardin à deux, une belle idée, la meilleure qu’on ait eu. Je me souviens d’avoir rempli ses jardinières, de bouts de plantouilles bien vaillants. « Pas trop haut hein », m’avait-il dit. Je n’ai jamais compris pourquoi ; pour voir le jardin, il m’explique. Bon, d’accord. Planter des géraniums vivaces, encore, des myosotis, et bon, sur le côté, mettre quand même une véronique, haute, bleue, belle. Mon papa a râlé, mais elle est toujours là.

On m’appelle. Le jardin m’appelle.

Faire un détour par le sous bois. Je lève mes yeux vers les chênes, me nourris de vert, de lumière, de joie. Garder le regard vers les cimes, longtemps, avoir mal au cou, mais continuer quand même. Je voulais grimper en haut, un jour. Je me disais « quand je serai plus grande ». Etre plus grande, mais se rendre compte que ce n’est toujours pas possible. En être heureuse. Encore un rêve à ajouter sur la liste.

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Et la campagne autour. Les fleurs de sureau. Les sumacs qui émergent un peu partout. Les sapins de nos noëls. La façade de la ferme jamais finie. Le potager pas arrosé. Les melons divins. Les trésors enterrés. Les animaux enfouis. Le beau poulailler en pierre sans poule dans lequel on enfermait les frangins, pour rire. Et le grand chêne, mon chêne, sa basse branche sur laquelle je passais des heures à lire. Ce jardin m’a construite, il a été le plus beau cadeau de mes parents à l’enfant que j’étais, et que je suis, encore aujourd’hui. Alors merci…

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